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Paris · Barreau de Paris

Article 163 bis H CGI : le nouveau régime fiscal des management packages

L’article 25 bis de la loi de finances adoptée par le Sénat en dernière lecture le 6 février 2025 vient clarifier les règles fiscales relatives aux plans d’investissement des dirigeants et salariés.

Si les décisions prononcées par le Conseil d’État depuis juillet 2021 ont pu dégager des marqueurs ayant permis dans certains cas à l’administration fiscale de requalifier les gains issus de plans d’investissement des dirigeants et salariés (« management packages ») comme des traitements et salaires lorsque ces plans sont souscrits à des conditions directement liées à leur activité professionnelle, de nombreuses incertitudes demeurent et il est parfois difficile d’anticiper les gains qui qualifient de plus-values et ceux qui seraient susceptibles de constituer des revenus de nature salariale.

L’article 25 bis de la loi de finances propose donc de clarifier – et sécuriser – le cadre fiscal applicable lorsque des salariés ou dirigeants détiennent des titres (le dispositif vise les actions, BSA, BSPCE mais également les titres attribués gratuitement, e.g., actions gratuites ordinaires ou de préférence) donnant accès au capital de leur entreprise ou d’une société du même groupe, « acquis en contrepartie des fonctions de salarié ou de dirigeant », dans la limite d’un seuil en deçà duquel le gain sera traité comme une plus-value et, pour l’excédent, comme un élément de salaire.

Prenons l’exemple des fonds propres d’une holding structurés comme suit :

Fonds propres N500100%
Dont Fondateurs & dirigeants25551%
Dont ADPR dirigeants (A)153%
Dont investisseur financier23046%
Obligations convertibles investisseur financier500
Total fonds propres N1 000

Les OC investisseur sont rémunérées par un intérêt capitalisé à 12%. L’opération inclut également des actions gratuites ordinaires représentant 5% du capital. Un évènement de liquidité en N+5 fait ressortir un multiple projet de 3,5x, induisant un multiple investisseur de 2,9x.

AGAO salariés5%
Multiple projet (B)3,5x
Multiple brut investisseur2,9x

Les fonds propres de sortie après toutes dilutions se présentent de la manière suivante :

Fonds propres N+52 619
Dont Fondateurs & dirigeants1 27248,57%
Dont ADPR dirigeants (A’)1877,14%
Dont AGAO salariés1254,76%
Dont investisseur financier1 03539,52%
OC investisseur financier881
Total fonds propres N3 500

Dans ces conditions, la répartition des gains des ADPR et des AGAO entre le régime des plus-values et celui des salaires peut être synthétisée comme suit :

Gain net ADPR (A’ – A)172
Multiple de performance (M = B x 3)10,5x
Plafond plus-value (A x M – A)143
Flat tax4834%
Salaire30
IR et contribution salariale1759%
Imposition totale6638%
Gain AGAO125
Dont gain d’acquisition (C)25
Fiscalité1144%
Dont gain de cession100
Multiple de performance (M = B x 3)10,5x
Plafond plus-value (C x M – C)238
Plus-value retenue100
Flat tax3434%
Imposition totale4536%

Le nouveau texte offre désormais de la sécurité pour l’ensemble des mécanismes de management packages, tant ceux qui seront structurés pour l’avenir que ceux déjà existants, pour autant que les titres présentent un risque de perte et aient été détenus pendant au moins deux ans (cette dernière condition n’est pas exigée pour les BSPCE et les actions gratuites).

Le régime fiscal des plus-values s’appliquera donc au gain net dans la limite d’un multiple de performance du prix d’acquisition. Le multiple de performance est égal à trois fois le multiple projet, entendu comme le ratio entre la valeur des fonds propres de sortie (en ce compris les prêts d’actionnaires contrôlants) et leur valeur à la date d’acquisition.

Notons enfin que le régime ne s’appliquera :

  • Ni à l’avantage lié à l’acquisition de titres à un prix décoté qui restera imposable comme un élément de rémunération ;
  • Ni au « gain d’exercice » de BSPCE et au gain d’acquisition des actions gratuites, qui resteront soumis au régime fiscal qui leur est propre.